Les espaces de la ville

On peut dire que les citadins « écrivent » les espaces de la ville en termes de temporalités d’occupation, de perception et de déplacement au travers de ces espaces. L’accessibilité d’un espace est donc tributaire de la question de sa structure, de ses aménagements et de ses perceptions chez le citadin. C’est là que se fonde l’urbain, ses formes et ses problématiques. Par ailleurs, les « porosités » entre espaces urbains auront pour conséquence que toute fonction préalablement définie se verra progressivement « digérée » par une autre (du touristique au commercial par exemple).

De ce point de vue, les objets situés dans un espace public auront un quadruple statut : perceptivo-esthétique, fonctionnel, cognitif et sécuritaire. Et il importe d’analyser comment ces différents statuts interfèrent lors de stratégies d’appropriation de l’espace chez le citadin. Autrement dit, il s’agit d’établir en quoi et comment un espace urbain se constitue comme lieu de « connectivités » concrètes et symboliques. Ces connectivités résident autant dans les pratiques de cet espace que dans les différents plans de lectures cognitives et symboliques que cet espace va favoriser chez les citadins. Et cela prend forme d’ « ancrages » concrets dans l’espace urbain : types de publics et d’habitants, stratégies d’adaptation et d’appropriation, interactions entre commerces, services et opportunités variées.

 Il y a ainsi des « lieux-mouvements » de la ville, c’est-à-dire des espaces au sens fort de la plénitude urbaine. Ces espaces du mouvement de la ville sont constitutifs de la ville même, au sens qu’ils sont autant « figures » métonymiques de l’urbain et de ses transformations que « bassins attracteurs » (au sens topologique) concentrant des populations, les unes en transit, les autres attirées là par une polarisation particulière de l’espace urbain, sous forme de territoires clos ou de nœud d’échanges.

Une analyse fine de ces lieux-mouvements doit fournir une connaissance des modalités selon lesquelles s’opèrent des logiques territoriales selon les rapports « interne/externe » (le lieu par rapport à ce qui l’irrigue et à ce qu’il renvoie en retour) et « ouvert/fermé » (jeux sur les frontières et délimitations). Il s’agit ici d’une double problématique, laquelle se constitue « en miroir », à savoir cette interaction continue qui fait la ville, entre constitution de pôles et concentrations nouvelles mettant en question ces pôles mêmes (« qu’est-ce qui fait lien à l’intérieur et lien de l’intérieur à l’extérieur ? »). Comme si tout mouvement de l’urbain, et sur la durée, s’opérait par adhérence », c’est-à-dire par connectivités de proche en proche entre déplacements et activités, connectivités constitutives à chaque fois, de territoires déterminés. Ainsi, à partir de ces flux, et sur des durées tantôt longues tantôt brèves, la ville se constitue, se transforme.

▼ Quand l’architecture traduit un statut perceptivo-esthétique
Rue_0853

© Georges Vignaux, 2015

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s