Entre tradition et modernité à Québec

Le Carnaval de Québec est l’événement par excellence pour observer le chevauchement de la tradition et de la modernité. Pendant les trois semaines où il a lieu, il est possible d’observer en un seul endroit plusieurs éléments visuels ayant pour but de rappeler le passé. Le cliché ci-dessous a le mérite d’énoncer clairement ce à quoi le Carnaval de Québec tient, soit à une mise en condensé des traditions hivernales québécoises.

Entre tradition et modernité

Dans le but de se remémorer, on propose d’abord aux visiteurs d’aller glisser en luge, objet qui est en soi un symbole des hivers d’antan alors que la chambre à air, le Crazy Carpet, ou le fameux « Trois skis » n’avaient pas encore envahi le décor enneigé des villes et des campagnes québécoises. On suggère aussi le hockey bottine (qui peut être considéré comme un rappel des moyens modestes des familles québécoises nombreuses chez qui la bottine remplaçait le patin), les contes et légendes et une rencontre avec le coureur des bois, une des figures du développement colonial à l’époque de la Nouvelle-France.

Entre tradition et modernité
Sur cette seconde photo, remarquons le figurant debout et vêtu de manière traditionnelle : son costume a pour but de rappeler aux visiteurs du Carnaval que le Québec s’est bâti à l’aide des pas de nombreux coureurs des bois.

Si l’on s’y attarde le moindrement, on constate que l’homme est chaussé de bottes qui reprennent sensiblement le style du mocassin autochtone. Il porte aussi des guêtres pour protéger ses mollets de la neige, bien que celle-ci ait été évacuée du site pour que les amateurs de festivités hivernales circulent plus facilement. Une redingote au style concordant avec celui de la Nouvelle-France, une ceinture fléchée et des mitaines en laine sur lesquelles est brodé un petit personnage qui ressemble à un jeune Inuk complètent son apparat de Carnaval. Par ailleurs, les bûches et le banc fait de deux d’entre elles et d’un tronc d’arbre scié sur la longueur sont aussi des rappels visuels du passé traditionnel québécois.

Portons aussi attention au groupe de femmes assises (des touristes anglophones) qui profitent du grand air pour se réchauffer au coin du feu. Bien que le foyer ne soit pas visible sur la photo, la bonbonne de gaz propane qui sert à l’alimenter est quant à elle facile à repérer.

C’est qu’au Carnaval de Québec, les bûches, ce n’est pas pour se chauffer comme on le faisait « dans le temps » : c’est surtout pour faire authentique !


Lydia Arsenault, 2017

 

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