Michael Moore : faites le film que vous voulez !

On peut ou non être en accord avec les façons de faire de Michael Moore à propos du montage, mais il reste que l’homme a tout de même donné une autre dimension à la notion même de documentaire. Dans l’une de ses sorties, en 2014, au Festival International du Film de Toronto, Michael Moore a énoncé quelques points en ce qui concerne le fait de faire des films.

Michael Moore : « Tournez le film que vous voulez ! »Ne faite pas un documentaire, faites un film
« Je suis ici, aujourd’hui, pour dire que le documentariste est mort. Nous sommes des cinéastes (filmmakers). Scorcese ne se nomme pas lui-même un « fictionnariste ». Mettez l’art en premier ; les opinions politiques au second rang. Autrement dit, faites un film que les gens veulent voir. »

Montrez ce que les gens veulent voir
« Ne me dites pas que le nucléaire est un mauvais choix. Je sais que c’en est un. Je ne passerai deux heures de ma vie à vous dire que c’est un mauvais choix. Ne vous souciez pas des idiots, et mettez plutôt l’accent sur cette majorité qui est plus intelligente qu’on ne le croit, celle qui est en mesure de changer les choses, même si on pense le contraire. Amenez-les ailleurs. »

Les documentaires se sont transformés en salle de classe
« J’ai toujours détesté l’école. Il ne s’agissait rien d’autre que de régurgiter au professeur ce qu’il nous avait dit, de se souvenir de ce qu’il avait dit et de le réécrire sur une feuille de papier. Les documentaires d’aujourd’hui sont devenus des salles de classe. Nous devons casser ce modèle. »

Les documentaires ont désormais le goût amer d’un médicament
« Souvenez-vous que les gens veulent s’envoyer en l’air une fois revenu à la maison après avoir vu un film. Je ne dis pas que vous ne devez pas aborder un sujet sérieux. Je dis juste qu’il faut le faire de façon à motiver les gens. »

La gauche est ennuyante
« Les idées de la gauche étaient amusantes dans les années 1960, et nous avons vraiment pris la chose trop au sérieux. »

Dites qui sont les véritables pourris de la société
« Pourquoi ne nommez-vous pas des noms ? [Lorsque je siège sur un jury pour choisir le meilleur documentaire, je constate] qu’il n’y en a que 2 ou 3 dont le sujet concerne le présent, aux États-Unis, et qui a une saveur politique. Les gens me disent, je serai poursuivi si je cite des gens. Oui, vous serez poursuivis ! »

Faites des films qui vous ressemblent
« Il n’est pas nécessaire de se retrouver devant la caméra, mais les gens veulent vous entendre [derrière le film que vous proposez], comme l’ont fait Morgan Spurlock et Al Gore. Par exemple, quand vous voyez un film de Scorcese, vous savez que vous voyez un film de Scorcese. »

Filmez seulement ceux qui ne sont pas d’accord avec vous
« J’ai toujours considéré qu’il est toujours plus intéressant de tenter de parler à ceux qui sont en position d’autorité… Ce pays, ce monde, existe pour les gens, et non pas ces quelques personnes fortunées qui le dirigent. Et ces gens fortunés doivent nécessairement s’expliquer à propos de la façon dont ils gèrent les choses. »

Quand vous tournez une scène, êtes-vous ému ?
« Vous êtes l’auditoire. Si vous êtes ému lorsque vous tournez une scène, vos auditeurs le seront. Les auditeurs font partie intégrante de l’équipe de tournage. »

Moins c’est mieux
« Éditez. Coupez. Moins de mots. Moins de scènes. Les gens ne sont pas des imbéciles et ils vous font confiance. »

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s