Vendeurs et stratégies

| Cahier 3 |

Le vendeur ou la vendeuse œuvrant dans un marché public est avant tout dans une démarche de contact direct avec le client, comme le montre la photographie de l’entête. D’une part, il ne se comporte pas comme le vendeur payé à la commission d’une petite boutique située dans un centre commercial, qui donne parfois l’impression de se précipiter vers le client, bien au contraire. Il laisse plutôt le client venir vers lui, et si ce dernier semble intéressé par l’un des quelconques produits proposés, il fournit les explications appropriées. D’autre part, il ne se comporte pas comme l’employé d’une grande surface, à peu près indifférent aux clients qui déambulent dans le commerce. En fait, la démarche de proximité oblige à un contact direct avec le client.

▼ Quand la proximité, environ un mètre, rend possible le contact direct avec le client

Comme nous l’avons vu précédemment, la façon dont sont structurés les présentoirs impose le contact direct, à savoir que les produits offerts à la vente sont directement accessibles au client, sans compter qu’il y a généralement à peine moins d’un mètre qui sépare le client du vendeur. À ce titre, je vous présente la photo de la page précédente pour trois raisons : (i) la posture de la vendeuse en attente d’une vente — droite, vêtue sobrement, attitude réservée — ; (ii) la distance qui sépare la vendeuse des clients, à peine un mètre ; (iii) le soin prodigué à la présentation des produits. Concrètement, tout est mis en œuvre pour faciliter la vente.

▼ Être disponible pour le client

À mon avis, et cet avis n’engage que moi-même en tant que sociologue, je pense qu’il ne sert à rien de vouloir décoder les processus à l’œuvre derrière la société si l’on est incapable de comprendre la vie des gens, la vie au ras des pâquerettes, celle de tous les jours, celle qui se traduit dans le travail, les loisirs, l’alimentation, la consommation, etc. Il faut savoir comment les gens éprouvent le monde, comment ils s’y adaptent. Et la photographie, en ce sens, permet de contribuer grandement et efficacement à différentes pratiques sociologiques : sociologie de l’individu, du travail, etc.

▼ L’accueil chaleureux et la bonhommie, gages de succès

Photographier les gens dans leurs activités, c’est aussi prendre les gens comme objet de recherche, voire même comme objet central d’une démarche où la lentille sociale est en mesure de contribuer de façon importante à une sociologie de l’individu : « celle d’un individu socialisé par des dispositions et des habitudes ; celle d’un individu contraint de le devenir, étant donné les normes sociales de l’individu ; celle d’un individu reconnu par des relations ; celle d’un individu construit par une série d’épreuves1. » Photographier la vie dans ses multiples expressions, c’est non seulement rendre compte de la société dans son ensemble, mais c’est aussi la décortiquer dans ses moindres éléments pour en révéler toute la richesse.

▼ Le contact direct avec le client

| Cahier 3 |

© Pierre Fraser (Ph. D.), 2017

 

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