Précarité et criminalité

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Comme l’explique le criminaliste Alexandre Guertin-Fleurent, la criminalité est souvent un parcours lié à la précarité et à la défavorisation. Quand on y regarde de près, force est de constater que la défavorisation joue un rôle non négligeable dans le développement de la criminalité. D’ailleurs, comme le souligne la chercheure Geneviève Duhaime, il  y a des facteurs de risque qui sont des « facteurs qui augmentent la possibilité qu’une infraction soit commise ou réitérée. Ces facteurs agissent dès l’enfance, ils ont une influence durable, ils mettent en cause la famille, l’école et le quartier et ils se développement davantage dans un contexte de pauvreté relative.

La famille joue ainsi un rôle important dans l’apparition de comportements criminels chez les enfants et les adolescents. La négligence parentale, l’éclatement du noyau familial, les châtiments physiques excessifs, la faiblesse des relations affectives entre les membres de la famille, la criminalité d’un parent, l’alcoolisme ou la toxicomanie, la présence de conflits conjugaux et les familles recomposées sont associés à un risque plus élevé de développer de mauvais comportements.

Les facteurs scolaires, comme un faible rendement scolaire, un manque d’engagement à l’école, de l’absentéisme, des expulsions, du décrochage ou encore la désorganisation de l’administration scolaire, peuvent aussi avoir des impacts sur l’apparition de comportements criminels.

Le milieu de vie a lui aussi des impacts sur l’apparition de comportements délinquants. La faiblesse des infrastructures, la concentration de logements inadéquats, l’absence de services et la mobilité de la population, autant de facteurs associés à des milieux défavorisés, sont aussi considérés comme des facteurs de risque1. »

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© Pierre Fraser, (Ph. D.), 2017 / montage et réalisation

Références
1 Duhaime, G. (2010), « Portrait du quartier St-Sauveur en matière de pauvreté et d’exclusion sociale », Approche territoriale intégrée, CDEC de Québec, p. 38 et p. 111.