Communication sur fond de nuit

| Scènes de rue |

La communication est partout, omniprésente et ubiquitaire. Ce cliché du jeune photographe australien Rowan Neal en montre toute la puissance.

Sur fond de nuit ambiante, totalement isolée, cette cabine téléphonique, qui n’est plus tout à fait une cabine téléphonique, tout comme le sont nos téléphones qui ne sont plus tout à fait des téléphones, mais une iTechnologie qui transcende la vie elle-même. Terminée la communication filaire et ces vieux fils de cuivre coûteux et encombrants à déployer.

Une iTechnologie, c’est avant tout une technologie qui attache la personne aux milliers de fils invisibles de la communication, faisant de cette personne une iPersonne. Être une iPersonne c’est posséder une iTechnologie. La iPersonne est donc avant tout efficace, performante, puissante, autonome, architecte de sa vie et maître de son destin. Les iTechnologies ont non seulement délocalisé le bureau, ils l’ont à la fois dématérialisé et détemporalisé.

Plus besoin d’être au bureau pour revoir un document, pour préparer sa présentation ou refaire une feuille de calcul. Plus de limites physiques ou temporelles ni de contraintes. La liberté totale du travail et de la communication qui peut s’exercer à tous les moments de la vie par le truchement des iTechnologies, c’est la liberté totale de l’efficacité.

Tout est simple avec une iTechnologie. C’est la quintessence de la simplicité. Plus c’est simple, plus c’est efficace. Plus besoin de souris ou de clavier, que des doigts graciles qui se déplacement agilement et efficacement sur une surface tactile. La tactilité c’est la facilité. On efface la complexité, on l’obnubile, on la relègue aux oubliettes. Et voilà que la communication devient simple et efficace, tout comme le travail. Voilà l’essence même de la iPersonne : simple et efficace.

La iQuelqueChose, c’est la iTechnologie non encore survenue. Présentement en gestation dans les laboratoires des ingénieurs et des informaticiens, elle a la possibilité de scléroser la société, de verrouiller l’individu, son imagination, son vouloir, même le contraindre à une servitude de l’intelligence. Elle pourrait bien produire un État parfait, policé, verni, drapé de la morale de la vertu technologique d’où l’art a été chassé.

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© Photo : Rowan Neal
© Pierre Fraser (Ph. D.), 2017 / texte