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Laurent Alexandre et IA : de la fac poubelle à la start-up sanctuaire

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Podcast sur l’assaut de Laurent Alexandre contre l’université, cette « fac poubelle » dont il dénonce la vétusté et qui se veut le procès en règle de la pensée lente.
Entrevue avec Laurent Alexandre :: Europe 1

Dans l’émission Punchline, Laurence Ferrari et ses invités débattent de l’intelligence artificielle et sur les nouvelles façons d’apprendre avec cette dernière.

Ici, Laurent Alexandre ne propose pas un futur, il dresse un inventaire de liquidation. Sous le vernis de la disruption, son discours cache une anthropologie de la soumission où l’esprit n’est plus qu’une ressource à optimiser avant péremption. Bienvenue dans l’ère de l’homme-outil, où penser devient une perte de temps et où l’excellence se mesure au débit binaire : ici, on ne forme plus des consciences, on calibre des processeurs biologiques.

Le crépuscule de l’étude universitaire sous les coups de butoir de l’IA

Laurent Alexandre ne propose pas un futur, il dresse un inventaire de liquidation. Sous le vernis de la disruption, son discours cache une anthropologie de la soumission où l’esprit n’est plus qu’une ressource à optimiser avant péremption. Bienvenue dans l’ère de l’homme-outil, où penser devient une perte de temps et où l’excellence se mesure au débit binaire : ici, on ne forme plus des consciences, on calibre des processeurs biologiques.

L’assaut d’Alexandre contre l’université, cette « fac poubelle » dont il dénonce la vétusté, dépasse le simple constat logistique ; c’est le procès en règle de la pensée lente. Coupable d’inefficacité, l’institution est sommée de produire, et vite, des agents solubles dans l’IA. La rupture logique est ici totale : l’éducation ne façonne plus un citoyen capable de recul, elle usine un rouage. Quand Alexandre exhorte à délaisser la clinique médicale pour la start-up, il liquide le soin au profit de la donnée. Il oublie que l’université, malgré ses pesanteurs, reste l’ultime sanctuaire de cette inutilité féconde sans laquelle l’esprit s’étiole. Sacrifier le temps long de l’étude sur l’autel de l’immédiateté entrepreneuriale, c’est s’interdire de penser la finalité de l’outil. Former des techniciens sans conscience, c’est s’assurer que demain, plus personne n’aura l’audace de demander si l’IA est seulement souhaitable.

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Nous vivons une époque paradoxale. D’un côté, l’intelligence artificielle pulvérise nos limites biologiques et promet de résoudre les plus grands défis de l’humanité. De l’autre, elle installe une atrophie cognitive silencieuse et un contrôle social sans précédent.

Dans cet essai lucide et provocateur, le sociologue et linguiste Pierre Fraser analyse la trajectoire de l’IA non pas comme un simple outil, mais comme un fétiche moderne qui redéfinit notre rapport au savoir, à la justice et à la vérité. En s’appuyant sur une matrice analytique où la sagesse côtoie la folie, il nous interroge : que reste-t-il de l’humain quand l’algorithme prétend absorber la nuance et la morale ?

L’illusion du chef d’orchestre qui conduit des IAs

Cet « individu orchestrateur » que nous vante Alexandre ? Une liberté qui ressemble à s’y méprendre à une servitude volontaire à La Boétie. L’image du chorégraphe commandant aux algorithmes est une imposture de puissance, un mirage d’« agency » qui masque, en réalité, l’aboutissement de l’aliénation. L’homme ne commande rien ; il court après un système qui lui impose sa cadence. Être « complémentaire » de la machine, c’est entériner le fait que l’IA dicte désormais la norme de l’intelligence. L’étudiant dopé à GPT-5 ou à Gemini n’est pas un génie souverain, mais un opérateur en laisse, dépendant d’une infrastructure qui le dépasse. On nous promet que l’outil libère. Mensonge. Chaque émancipation technique forge des chaînes plus discrètes, et l’indépendance de l’entrepreneur s’effondre devant la tyrannie de la mise à jour permanente.

La culture comme kit de survie à l’ère de l’IA

On touche ici au cynisme pur lorsque la culture générale est ravalée au rang de variable d’ajustement tactique. Pour Alexandre, on ne fréquente plus Thucydide pour sonder les tréfonds de l’âme humaine, mais pour s’éviter une carrière « ridicule » par un vernis de futurologie. Le savoir n’est plus qu’un logiciel de navigation, une vulgaire analyse boursière appliquée à l’histoire. Pourtant, la véritable culture est une puissance de refus ; elle est ce qui permet de dire « non » à l’hégémonie technique. En la transformant en levier de compétitivité, Alexandre la vide de son venin subversif pour en faire un accessoire de luxe, un bibelot pour start-uppers en quête de distinction ; et ils sont légions.

Le chantage à l’obsolescence de l’humain face à l’IA

Enfin, le spectre du revenu universel vient sceller l’excommunication sociale des « inadaptés ». La frontière est tracée au scalpel : d’un côté l’élite augmentée, de l’autre la masse assistée, parquée dans l’inutilité. C’est le « self » de la culture américaine poussé jusqu’à l’abjection. Soit tu es l’entrepreneur performant de ta propre vie, soit tu es un déchet. Nous sommes ici au cœur de la « nécessité technicienne » chère à Ellul : le choix moral disparaît derrière l’adaptation forcée. Le revenu universel n’est plus une protection, c’est un chantage à l’existence, une morgue pour ceux que le système ne peut plus exploiter. Cette faillite éthique refuse de voir l’essentiel : la valeur d’un homme ne se mesure pas à sa productivité, et le travail humain porte une dimension psychologique que le silicium ne pourra jamais ni mimer, ni remplacer.

L’individu entrepreneur de lui-même dopé à l’IA

Cette apologie du « self » augmenté n’est au fond que le chant du cygne d’une autonomie humaine déjà dévorée par la nécessité technicienne. En érigeant le start-upper en nouveau modèle anthropologique, on ne libère pas l’individu, on l’enchaîne à l’obligation de performance permanente sous peine d’excommunication sociale. C’est l’aboutissement du système d’Ellul : la technique, après avoir colonisé le monde physique, exige désormais la mutation de l’âme et du corps pour les rendre compatibles avec ses algorithmes. L’orchestrateur dont parle Alexandre n’est que l’esclave d’un tempo qu’il ne donne pas, un agent atomisé qui troque sa dignité de citoyen contre une survie précaire dans l’efficience. Le mépris des institutions et la marchandisation de la culture signent la fin du politique ; la société ne se pense plus, elle s’optimise. Ce paroxysme du rêve américain est en réalité un cauchemar sociologique où la liberté se résume à choisir la couleur de sa laisse technologique avant d’être jeté au rebut du revenu universel, cette fosse commune des inutiles du système.

© Pierre Fraser (PhD, linguiste et sociologue), 2026


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Disponible (CA | FR | UK | US)

15 avril 2026

15 juillet 2026

1er septembre 2026

 

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