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L’IA et l’absorption du vivant

Source (CA | FR | UK | US)

Quand la technique métabolise le corps

La quantification de soi, ce monitorage permanent de notre métabolisme, n’est que la phase initiale d’un processus où l’intelligence artificielle absorbe la chair pour la convertir en pur signal. Avec l’émergence de la Médecine 4P — personnalisation, participation, prévention et prédiction — nous assistons à l’instauration d’un régime où le corps n’existe plus en tant qu’entité biologique autonome, mais comme un gisement de données. Dans ce paradigme du « niveau zéro », la santé ne dépend plus du ressenti du sujet, mais de la fluidité d’un flux d’informations ininterrompu. L’individu, apparemment souverain grâce à la nutrigénomique, subit en réalité une mutation profonde : il cesse d’être un sujet souffrant pour devenir une source de données dont l’IA s’alimente. Ici, l’absorption est totale : le génome et les signaux chimiques deviennent les seuls référents d’une vérité désormais dictée par l’algorithme.

Cette absorption par les données marque la fin du corps comme espace d’expérience vécue pour le transformer en un objet de gestion statistique. En devenant une source de données, l’individu perd sa singularité biographique au profit d’une identité numérique malléable par les systèmes de prédiction. Ce n’est plus l’homme qui habite son corps, mais le système technique qui l’administre, achevant ainsi la colonisation de l’intime par les impératifs de la performance algorithmique.

CA | FR | UK | US

Nous vivons une époque paradoxale. D’un côté, l’intelligence artificielle pulvérise nos limites biologiques et promet de résoudre les plus grands défis de l’humanité. De l’autre, elle installe une atrophie cognitive silencieuse et un contrôle social sans précédent.

Dans cet essai lucide et provocateur, le sociologue et linguiste Pierre Fraser analyse la trajectoire de l’IA non pas comme un simple outil, mais comme un fétiche moderne qui redéfinit notre rapport au savoir, à la justice et à la vérité. En s’appuyant sur une matrice analytique où la sagesse côtoie la folie, il nous interroge : que reste-t-il de l’humain quand l’algorithme prétend absorber la nuance et la morale ?

Désintermédiation de la médecine traditionnelle

Cette désintermédiation de la médecine traditionnelle marque le moment où l’IA absorbe le diagnostic pour éliminer l’aléa humain. En substituant des interfaces techniques aux cliniciens, le système propose une « autonomisation » qui est, en fait, une intégration définitive du biologique dans la sphère technique. Que ce soit par des thérapies géniques ou des nanotransporteurs lipidiques franchissant la barrière hématoencéphalique, l’IA ne se contente pas de guérir ; elle annexe le vivant. Ces succès thérapeutiques incontestables agissent comme un écran de fumée : chaque tumeur éradiquée par un nanorobot furtif valide l’idée que le substrat biologique est une limite obsolète qu’il faut absorber. Pour le transhumanisme, le cerveau de l’Homo sapiens n’est plus un sanctuaire, mais un obstacle que l’IA doit coloniser par l’implantation de neuroprothèses, achevant ainsi l’absorption de l’organe de la pensée.

L’annexion du vivant par ces technologies furtives rend toute contestation sociale impossible, car elle se présente sous le masque de la nécessité vitale. En absorbant l’organe de la pensée, la technique ne se contente pas d’augmenter nos capacités ; elle redéfinit les frontières de la conscience pour les aligner sur les besoins du réseau. L’autonomie promise par les neuroprothèses cache une hétéronomie radicale où l’impulsion biologique est désormais médiée, filtrée et ultimement dictée par une autorité technique invisible.

Infographie synthèse
IA et absorption du vivant

Le corps comme composant de la « machine »

Au-delà de la prouesse technique, cette volonté d’étendre l’existence au-delà de 150 ans révèle une absorption du sens même de la vie par l’ingénierie. Lorsque la mort est traitée comme une simple erreur de code à corriger, c’est toute la dimension sociale et sacrée de la finitude qui s’effondre. En reconfigurer le cerveau pour l’élever au niveau d’une superintelligence, nous acceptons que l’IA absorbe la conscience humaine pour la fusionner avec le système global. Cette onde de choc de la Singularité technologique ne répare pas l’humain, elle le transmute en un composant de la « machine ». Cette transition, que j’analyse comme une nécessité imposée par la technique, nous place devant un constat brutal : l’absorption du corps par l’IA est le prélude à la dissolution de l’individu dans un ordre social où la conscience n’est plus qu’un rouage de l’optimisation permanente.

Cette dissolution marque l’étape ultime de la Singularité : le moment où le système technique n’a plus besoin de nos institutions sociales pour fonctionner, car il a directement intégré l’individu dans son architecture. En traitant la mort comme un défi d’ingénierie, l’IA absorbe la dernière limite qui protégeait encore l’humain de l’emprise totale de la technique. Le résultat n’est pas une humanité augmentée, mais une société automatisée où le lien social est remplacé par une interconnexion fonctionnelle, vidée de toute dimension tragique ou héroïque.

Du corps fragmenté à la mécanique du système : vers une vision d’ensemble

L’absorption du corps par les flux de données et la désintermédiation de la santé ne sont que les premières étapes d’une mutation beaucoup plus vaste qui menace de dissoudre l’individu au profit du système technique. Ce que nous percevons aujourd’hui comme des prouesses médicales isolées forme en réalité la trame d’une onde sismique qui, à terme, rendra obsolètes nos institutions les plus fondamentales. Si l’IA métabolise aujourd’hui notre biologie, c’est pour mieux asseoir une autonomie radicale qui ne laisse plus de place à l’aléa humain. Comprendre cette trajectoire n’est plus une option intellectuelle, mais une nécessité pour quiconque refuse de n’être qu’un rouage passif de cette optimisation permanente.

Pour saisir l’ampleur de cette absorption et découvrir les mécanismes sociologiques qui régissent notre avenir, je vous invite à poursuivre cette réflexion avec mon essai complet : « Singularité technologique : quand l’IA absorbe tout, même le social ». Dans cet ouvrage, je déconstruis les sept critères du discours de l’IA et j’analyse comment la technique, sous couvert de nous réparer, s’apprête à nous remplacer.

© Pierre Fraser (PhD, linguiste et sociologue) + Sociologie Visuelle Média, 2026

SOURCE

  • Singularité technologique : quand l’IA absorbe tout, même le social – (CA | FR | UK | US)

TRADUIRE LE RÉEL EN IMAGES

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Disponible (CA | FR | UK | US)

15 avril 2026

15 juillet 2026

1er septembre 2026

 

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