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Saine alimentation ou obsession nutritionnelle ?

Mise en contexte
Oubliez la nutrition, place à la morale : la « saine alimentation » est un tribunal social. Entre recommandations scientifiques volatiles et l’usage détourné de l’IMC — une statistique d’astronome devenue instrument de mesure de la vertu — manger est devenu une autoflagellation. Sous le mythe de l’individu souverain, nous portons seuls la culpabilité d’un corps « hors norme », ignorant un environnement résolument obésogène. En somme, l’obsession du « manger sain » n’est plus une quête de santé, mais un outil de conformité pour éviter le rejet social. Votre assiette est le nouveau miroir de votre moralité.

France | Québec

Le corps n’est plus une fatalité biologique, il est devenu un chantier permanent. Nous habitons une chair que nous ne nous contentons plus de subir, mais que nous redressons, mesurons et sculptons avec une ferveur qui confine à l’obsession religieuse. Cette entreprise de normalisation ne date pas d’hier. Elle s’enracine dans le regard des humanistes qui, dès la Renaissance, ont cessé de voir dans l’enveloppe humaine un simple réceptacle de l’âme pour y projeter un idéal de justes proportions. Alberti ne peignait pas des hommes, il traçait des géométries morales. Aujourd’hui, la technique a remplacé le pinceau, mais l’injonction demeure identique : il faut que le corps réponde de lui-même. Le passage du corps subi au corps piloté marque une rupture anthropologique majeure où l’individu devient l’ingénieur de sa propre matière. On ne naît plus corps, on le fabrique à coups de disciplines, de diététiques et de prothèses identitaires. C’est ici, dans cet interstice entre la biologie brute et la volonté de puissance, que se joue la véritable gouvernance de soi. Le corps est notre dernière frontière, le seul territoire que nous croyons encore pouvoir totalement coloniser. La mise en forme du corps est désormais indissociable d’une mise en forme du social. La rectitude physique devient le miroir d’une rectitude morale exigée par la modernité.

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