L’abdication de la presse face aux géants de la Tech
Le journalisme a abdiqué sa fonction critique pour sombrer dans une servitude volontaire. Ce « journalisme de perroquet » transforme les reporters en simples scribes d’une médiocratie technocratique, relayant les délires de Musk ou Altman dans un vide pneumatique sans mémoire. Véritable « poupée Ken » médiatique, l’info est désormais lissée pour ne froisser aucun annonceur, privilégiant le récit sur la vérité. Sous l’effet de la concentration des médias, les rédactions sont lobotomisées, remplaçant l’expertise par une course aux clics. Réduit à une extension du marketing, ce système anémié sature l’espace public d’illusions, pavant ainsi la voie à l’autoritarisme.

L’Amérique n’est pas une nation qui fait la guerre ; elle est la guerre faite nation, un colosse de fer qui se drape dans le velours du messianisme pour mieux occulter une prédation vieille de deux siècles. L’Amérique ne vous bombarde pas, elle vous libère de vous-mêmes dans un élan de générosité biblique qui ressemble furieusement à un passage à tabac industriel.
Ce deuxième volet des Cahiers du Réel s’attaque au grand récit américain du « monde libre » pour révéler une hégémonie qui se vit comme un sacerdoce, ce fameux « service rendu à l’humanité » dont la facture se règle invariablement en barils de sang et en décombres fumants. Sous le vernis de la démocratie exportée se cache un ADN forgé par le combat perpétuel, une « Destinée Manifeste » qui transforme chaque invasion en un acte de charité chrétienne où le fusil du pionnier devient le sceptre de la raison. Cette violence n’est jamais vécue par Washington comme une agression vulgaire, mais comme une purification, une « régénération » nécessaire pour que le reste du monde, dans sa fange et son chaos, finisse par ressembler à un centre commercial de l’Ohio.
ISBN : 978-2923690230 | 261 pages

