LES CAHIERS DU RÉEL

Les Cahiers du Réel se positionnent comme un espace de réflexion critique et de décryptage des dynamiques qui façonnent notre modernité. À la croisée de la sociologie, de la linguistique et de la philosophie, la revue explore les structures invisibles de nos sociétés, des récits idéologiques aux mutations technologiques majeures. En refusant les simplifications hâtives, elle s’attache à documenter le « réel » dans toute sa complexité, offrant une tribune aux analyses de fond sur des sujets cruciaux tels que l’impact de l’intelligence artificielle, l’évolution des croyances ou la transformation des espaces de vie.
NUMÉROS
Cahier 1
Singuralité technologique : quand l’IA absorbe tout, même le social

Nous vivons une époque paradoxale. D’un côté, l’intelligence artificielle pulvérise nos limites biologiques et promet de résoudre les plus grands défis de l’humanité. De l’autre, elle installe une atrophie cognitive silencieuse et un contrôle social sans précédent.
Dans cet essai lucide et provocateur, le sociologue et linguiste Pierre Fraser analyse la trajectoire de l’IA non pas comme un simple outil, mais comme un fétiche moderne qui redéfinit notre rapport au savoir, à la justice et à la vérité. En s’appuyant sur une matrice analytique où la sagesse côtoie la folie, il nous interroge : que reste-t-il de l’humain quand l’algorithme prétend absorber la nuance et la morale ?
Cahier 2
Elon et Greta : la rupture du réel


Sortie prévue pour le 13 avril 2026
Cet essai explore la dissolution d’un consensus planétaire au profit d’une collision frontale entre deux mythologies irréconciliables. D’un côté, le messianisme technocratique d’Elon Musk érige la Gigafactory et la colonisation martienne en nouveaux temples d’un progrès salvateur, tandis que de l’autre, l’ascétisme radical de Greta Thunberg impose une esthétique de la rareté et une éthique du ralentissement mondial.
Cette divergence ne constitue pas un simple débat politique, mais une véritable rupture où le langage de l’optimisme industriel se heurte au discours de la trahison, transformant le citoyen en militant numérique fanatique au sein d’une réalité fragmentée par les algorithmes. À travers l’analyse de ces archétypes — le sauveur milliardaire face au prophète enfant — se dessine l’érosion de la vérité commune, où la voiture électrique et la mine de cobalt deviennent les symboles visuels d’une guerre existentielle.
Cahier 3
Vers la fin de la démocratie ? Une prophétie auto-réalisatrice


Sortie prévue pour le 13 juillet 2026
À la croisée des chemins entre le crépuscule des idoles et l’aube d’un siècle algorithmique, cet essai se propose d’explorer l’effondrement architectural de nos institutions comme l’aboutissement d’une prophétie autoréalisatrice dont Nietzsche fut le héraut tragique. Nous assistons aujourd’hui à une mutation ontologique où le citoyen s’efface devant l’utilisateur, et où la souveraineté individuelle se dissout dans le nomadisme numérique et la mentalité de troupeau des réseaux sociaux.
À travers une analyse de la « déchéance du Dernier Homme », nous verrons comment l’uberisation de la politique, l’économie du ressentiment et le culte de la vulnérabilité signale l’épuisement final d’une Occident qui, par excès de transparence et de quête d’efficacité, finit par orchestrer son propre suicide spirituel.
Cahier 4
Les grands mythes contemporains : petit traité de lucidité face aux illusions collectives


Sortie prévue pour le 1er septembre 2026
Cet essai propose une autopsie rigoureuse de la trajectoire de la modernité, conçue comme une vaste archéologie des fictions collectives qui ont colonisé notre imaginaire depuis les premiers rouages de la Révolution industrielle jusqu’à l’avènement de l’IA. En remontant le fil d’une histoire marquée par le traumatisme des deux guerres mondiales — véritables laboratoires de la logistique et de la rationalisation technique — ce petit traité de lucidité déconstruit les mythes de la croissance infinie et de la stabilité géopolitique désormais confrontés au mur du combat climatique et à l’illusion d’un capitalisme vert.
En érigeant l’IA au rang de divinité laïque dictant une vérité algorithmique infaillible, nos sociétés parachèvent une abdication de la pensée critique amorcée dans les usines du XIXe siècle, transformant chaque aspect de l’existence, de l’identité personnelle au repos de la retraite, en une marchandise quantifiable au sein d’une infrastructure mondiale de l’abondance trompeuse.
