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L’empire américain au fond de nos poches

Mise en contexte
L’empire américain, ce monstre à deux têtes, utilise le soft power pour régner sur le monde, caché derrière le vernis technologique des géants de la Silicon Valley. Google et consorts ne se contentent pas de vendre des services : ils imposent une vision du monde, où l’anglais devient le langage de la domination culturelle, effaçant les identités locales. Mais cette séduction se fissure quand la réalité contredit le récit lisse d’une Amérique messianique, où les valeurs se teintent de sang et de ruines. Le rêve américain, devenu cauchemar, pousse le globe à chercher des alternatives à cette hégémonie masquée par le marketing.

La domination technologique, portée par les géants de la Silicon Valley, est la nouvelle frontière du soft power au XXIe siècle, contrôlant les flux d’information et les modes de communication mondiaux. Google, Amazon, Facebook, X et Apple ne sont pas seulement des entreprises, ce sont des infrastructures idéologiques qui diffusent les normes américaines de liberté d’expression et de vie privée, car en contrôlant les plateformes où le monde s’exprime, l’Amérique contrôle aussi dans son sillage les règles de la conversation globale. Cette hégémonie numérique dispose de cette étonnante capacité de permettre une surveillance et une influence subtile qui rend les baïonnettes obsolètes pour maintenir l’ordre social mondial. Le soft power est devenu un code informatique que nous acceptons tous en cliquant sur « J’accepte les conditions ».

Et c’est ici que la langue anglaise devient le socle invisible de cette domination, devenue l’outil indispensable de toute réussite professionnelle ou intellectuelle sur la planète. En imposant leur langue, les États-Unis imposent leur structure mentale, leurs concepts et leur vision du monde ; l’anglais n’est plus une langue nationale, c’est le système d’exploitation de la mondialisation. Cette omniprésence linguistique réduit les barrières à l’entrée pour les produits culturels et économiques américains tout en marginalisant les cultures qui ne peuvent pas traduire leur génie dans la langue du maître. Le soft power est ainsi une cage dorée dont les barreaux sont faits de mots et d’images familières.

Cependant, l’efficacité du soft power est aujourd’hui menacée par la déconnexion croissante entre le discours moralisateur de l’Amérique et ses actions réelles sur le terrain. Les images de Guantanamo, les écoutes de la NSA après de ses alliés et les inégalités criantes de la société américaine ternissent l’éclat du modèle. Toujours se rappeler que la séduction ne fonctionne que si elle est crédible. Lorsque le rêve américain devient un cauchemar pour ses propres citoyens ou une menace pour la planète, le soft power se transforme en « sharp power », une influence perçue comme une agression culturelle. Dès lors, le monde commence à chercher des alternatives, lassé par une arrogance qui se pare des habits de la vertu universelle.

En somme, si le soft power a été le complément génial et nécessaire de la force brute permettant aux États-Unis de bâtir un empire dont les sujets sont des admirateurs volontaires, il a aussi transformé la domination en une relation de désir, rendant la résistance non seulement difficile, mais ringarde. Toutefois, cette puissance de séduction est un capital qui s’épuise s’il n’est pas entretenu par une exemplarité réelle. Pour y surseoir, l’Amérique doit redécouvrir que pour diriger le monde par l’attrait, elle doit d’abord redevenir le modèle qu’elle prétend être, c’est-à-dire que le soft power est avant tout une promesse qui ne peut être tenue que par la vérité, pas seulement par le marketing.

En revanche, dans un monde de post-vérité, on peut toujours rêver que l’éthique finisse par rattraper l’esthétique, que la parole donnée retrouve son poids face au flux incessant de récits frelatés, et que la puissance accepte enfin la contrainte de l’exemplarité plutôt que de se contenter des mirages de la communication.

France | Québec

L’Amérique n’est pas une nation qui fait la guerre ; elle est la guerre faite nation, un colosse de fer qui se drape dans le velours du messianisme pour mieux occulter une prédation vieille de deux siècles. L’Amérique ne vous bombarde pas, elle vous libère de vous-mêmes dans un élan de générosité biblique qui ressemble furieusement à un passage à tabac industriel.

Ce deuxième volet des Cahiers du Réel s’attaque au grand récit américain du « monde libre » pour révéler une hégémonie qui se vit comme un sacerdoce, ce fameux « service rendu à l’humanité » dont la facture se règle invariablement en barils de sang et en décombres fumants. Sous le vernis de la démocratie exportée se cache un ADN forgé par le combat perpétuel, une « Destinée Manifeste » qui transforme chaque invasion en un acte de charité chrétienne où le fusil du pionnier devient le sceptre de la raison. Cette violence n’est jamais vécue par Washington comme une agression vulgaire, mais comme une purification, une « régénération » nécessaire pour que le reste du monde, dans sa fange et son chaos, finisse par ressembler à un centre commercial de l’Ohio.

ISBN‏ :‎ 978-2923690230 | 261 pages

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